MERCI de Daniel Pennac

« Merci » Pennac

On ne présente plus Daniel Pennac et sa littérature.

Grâce à Mallaussène, son personnage le plus connu.

On vient de le primer pour « l’ensemble de son œuvre »

Il remercie.

Petit opus dédié à tous ceux qui, un jour, se voient récompensés, pour « l’ensemble de leur œuvre » et doivent prononcer un discours de remerciement.

Contraint aux remerciements officiels, le pauvre. Merci, Merci.

 

Merciiii ! Il faut se laisser décorer comme un sapin de Noël.

Faut qu’ça tinte et faut qu’ça brille !

 

Je suis heureux de créer « Merci » de Pennac avec Flavie l’interprète de « Alice au pays des Merveilles » de « Histoire du Tigre » de Dario Fo, de « Quatre à Quatre » de Garneau, du « Misanthrope » de Molière de « Antigone » de Sophocle, de « Les Bonnes » de Genet, « Un riche trois pauvre » de Calaferte.

Elle prend les textes à bras le corps et y ajoute son âme. Incandescente. Avec Flavie, nous sommes complices de rires et de larmes.

 

Tout le monde félicite tout le monde !

Il me semble que tout le monde est visé !

 

Avec Pennac, on a l’impression qu’un ami est en train de vous raconter une histoire ou de vous confier un secret au coin du feu.

 

Pennac est un des auteurs les plus aimés et publics.

Pennac a pris plaisir à brocarder les maladroits ou les hypocrites qui remercient beaucoup, infiniment.

 

« Vous avez observé qu’on remercie toujours beaucoup, jamais peu ? « Merci beaucoup », oui. « Merci un peu », non. « Merci bien », oui « Merci moins », non. Ne se dit pas. En amour, en revanche, on peut aimer peu, aimer moins, voire beaucoup moins, et le dire : « je t’aime beaucoup moins », à part l’intéressé (e) ça ne choque personne. Mais « remercier moins », ce n’est pas envisageable. On remercie toujours plus. Le problème avec la gratitude c’est qu’elle est vouée à l’inflation. Contrairement à l’amour lui, qui aurait plutôt tendance à…

En sorte qu’on remercie de plus en plus des gens qu’on aime de moins en moins… »

 

Merci est le premier texte écrit spécifiquement pour le théâtre de Daniel Pennac. Un monologue plein d’intelligence, de mélancolie et d’humour, d’ironie mordante, c’est un texte qui démasque, plein de force, de colère.

 

Parmi les personnages qu’il ne remercie pas, le plus caractéristique est sans doute monsieur Blamard, l’instituteur de Cholonge-sur-Soulte.

« Monsieur Blamard pratiquait une pédagogie centrifuge… au sens ondulatoire du terme. En ces matins où la glace nous séparait de l’écriture, Monsieur Blamard confiait à son meilleur élève l’honneur d’allumer le poêle de notre classe. Puis il nous rangeait par cercles de mérite décroissant, de plus en plus loin de la chaleur. Combien y avait-il de cercle ? Je sais seulement que j’ai passé toute mon enfance à dériver sur un morceau de banquise que ne réchauffait aucun rayon de soleil. »

 

C’est certainement à ses lecteurs que le romancier souhaiterait adresser son plus grand merci.

 

« Ce sont des apporteurs de lumière, quand ils apprécient un livre, cela veut dire qu’ils ont été en phase avec ce que l’auteur a voulu dire. Ils sont comme une porte qui s’ouvre et apporte de la lumière »

Et puis le remerciement est chez Pennac, une forme d’art de vivre.

 

MB

 

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