"Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à se haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer.

De l'expérience d'un extraordinaire désastre humain, doit naître une société dont l'humanité tout entière sera fière."

                                                                             Nelson Mandela

 

Un signe de "tendresse"  ..... Michel Bruzat

LES SOLILOQUES DU PAUVRE - Rictus

du mardi 13 mars au samedi 17 mars à 20h

et dimanche 18 mars à 18h

 

Avec Pierre Yves Le Louarn et Sébastien Debard  (Piano, accordéon) / Mise en scène, scénographie : Michel Bruzat / Lumières : Franck Roncière  / Costumes : Dolores Alvez Bruzat

 

« Faire enfin dire quelque chose à quelqu’un qui serait le pauvre, ce bon pauvre dont tout le monde parle et qui se tait toujours. Voilà ce que j’ai tenté » J  Rictus

Comme Gaston Couté son équivalent campagnard, Jehan Rictus c’est une voix vraie, c’est une des rares voix de la misère et de la révolte. Ce qu’il veut, c’est dire la vérité de sa jeunesse passée dans la rue, sans rien trahir de sa souffrance. Ces soliloques, ces monologues, ces poèmes, il les dira sur scène dans un cabaret, comme Aristide Bruant. « Je suis aux trois quarts écrabouillé, Ent’ le Borgeois et l’Ov’réier, j’suis l’gas dont on hait le labeur/, e suis un placard à Douleurs, je suis l’Artiste, le Rêveur/Le Lépreux des Démocraties. À tous les précaires, SDF,

quart monde, exclus.   J’ai toujours voulu « jouer » avec Pierre Yves … voilà ce sera bientôt fait… quelle joie!!!                        MB                                                                                 

Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés, V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils : V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle Dans l’ Midi vont s’ carapater !

Quand Michel Bruzat m’a fait découvrir le texte de Johan-Rictus il m’a dit « lit le à haute voix ». Il devait savoir que « les soliloques du pauvre » se disent plus qu’ils se lisent et que toute leur puissance leur violence et leur singularité se ressentent, avant de se comprendre. On croit s’ battr’ pour l’Humanité, J’ t’en fous... c’est pour qu’ les Forts s’engraissent Et c’est pour que l’ Commerce y r’naisse Avec bien pus d’ sécurité.

Ce poème qui nous vient du début du siècle nous marque de façon inattendue. D’abord parce qu’on entend la vérité, c’est à dire une critique une lutte contre le monde d’aujourd’hui dans sa violence, sa méchanceté et sa réalité et d’autre part parce que la manière dont nous parvient ce texte est organique, musicale et tactile. Et n’empêch’ qu’en c’te nuit d’ plaisir Où trottaille ed’ d’ la bell’ gonzesse Au fin fond d’ ma putain d’ jeunesse Y s’ lèv’ comme un troupeau d’ désirs ! Jehan Rictus fait râler, pleurer et crier ses personnages dans leur langue et la met en vers. Mais à forc’ d’errer et d’ muser Su’ des kilomèt’s de bitume, Quéqu’ soir d’horreur et d’amertume J’ me cogn’rai p’têt’ dans son baiser ! C’est ce texte d’une incroyable actualité que nous voudrions dire au public, ses évidences, la poésie de son oralité, la puissance de ses silences, la chaire de ses mots et avec lui dire l’humanité.                                                                                                                                                                   Pierre Yves Le Louarn

 

 

 

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