"Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à se haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer.

De l'expérience d'un extraordinaire désastre humain, doit naître une société dont l'humanité tout entière sera fière."

                                                                             Nelson Mandela

 

Un signe de "tendresse"  ..... Michel Bruzat

Grisélidis Réal, écrivaine, peintre et prostituée, a lutté toute sa vie et de tout son être contre les règles imposées par la morale bourgeoise. Surnommée la catin révolutionnaire, elle n’a cessé de revendiquer la liberté sous toutes ses formes.
En mettant en scène les écrits de Grisélidis, Michel Bruzat, amoureux des textes en marge du bien pensant, a choisi de faire entendre les vibrations de cette parole qui ne s’est jamais couchée devant l’hypocrisie sociale. C’est aussi faire partager l’énergie chaleureuse et brûlante qu‘elle met dans chacun de ses actes, sa connaissance intime de la pauvreté humaine, son humour et son goût joyeux pour la simplicité de moments privés.                      
                                                                                     Mauricette Touyéras   

 

FAROUCHEMENT LIBRE

Grisélidis renverse le sens du flot de la compassion : on a appris à plaindre la prostituée, elle voit l’humain dans le client « un être humain tout nu devant vous qui se livre » et décide que la souffrance est du côté de celui qui paye. Il est à genoux même si c’est elle qui suce.
Elle est peut-être devenue écrivain pour ne trembler devant personne

Griselidis ne s’est prostituée que pour cette raison : être désirée. La lettre pour elle, ressemblait à une passe. Les mots, des lettres, ne faisaient plus écran entre son corps et la vie. Grâce à ses recueils de lettres, elle est devenue l’héroïne de sa propre vie.
Elle fait de son corps prostitué, une œuvre d’art.
Ses clients, ce sont ses « tatouages »
Elle invente une forme de prostitution qui n’a jamais eu lieu.
Les mots « révolte », « art », et « prostitution », n’ont, jusqu’à elle, jamais été mis ensemble. 
Elle se passionna pour Miller, Bataille, Genet, Céline.
Ecrire la sauvait de la clandestinité.
« Car dans la vie on ne peut ni hurler, ni mordre, ni tuer, pour se venger de certaines choses, la vie est un assassinat permanent. »
Gridelidis Réal se comparait à une algue ivre, une méduse de satin, elle aurait voulu vivre sur une île déserte. Elle vomissait l’occident blanc et prétendait appartenir au peuple des gitans.
Elle détestait la raison.

Je crois avoir perçu à la lecture de ses livres, le cri d’une âme humaine vivante, même si elle doit en mourir.

Cette femme me touche par son humanisme, elle nous aide à dépasser les préjugés que la morale et la religion nous ont inculqués.

Cette rencontre avec cette femme ne pouvait se faire qu’avec « l’intelligence amoureuse » de « Mauricette »

Je dédie ce travail à celles, à ceux qui attendent, qui attendent que nous les reconnaissions, qui attendent qu’on dise leur nom, comme si elles étaient des personnes.

                                                                        MB, Nuit du 25.02.2016

              

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