Du 5 au 24 juillet 

Relâches les 11 et 18 juillet

FESTIVAL OFF AVIGNON 

 

THEATRE DES CARMES 

ANDRE BENEDETTO

Réservations 

04 90 82 20 47 

 

LES SOLILOQUES DU PAUVRE 

Jehan Rictus

Avec Pierre Yves Le Louarn

Sébastien Debard : Piano et accordéon

Mise en scène, scénographie : Michel Bruzat 

 

 

Photo : Franck Roncière 

Production Théâtre de la Passerelle en accord avec

RB/D Productions

Diffusion RB/D Productions

SPECTACLE-SNES

 

Dossier du spectacle dans espace Pro  

CRITIQUES AVIGNON

ENVRAK​

LES SOLILOQUES DU PAUVRE DE JEHAN RICTUS À AVIGNON
05/07/19 par Jean Barak  |  publié dans : A la une, Scènes, Théatre | Tags : Festival d'Avignon, Jehan Rictus, Les soliloques du pauvre, Michel Bruzat, Pierre-Yves Le Louarn, Théâtre de la Passerelle de Limoges, Théâtre des Carmes André Benedetto
A 13h10, au Théâtre des Carmes André Benedetto, le Théâtre de la Passerelle de Limoges présente “Les Soliloques du Pauvre” de Jehan Rictus, mis en scène par Michel Bruzat, porté par Pierre-Yves le Louarn, accompagné au “piano du pauvre” par Sébastien Debard. (Relâche le jeudi)
 

Michel Bruzat possède l’art de trouver des textes inédits, impossibles à monter et à jouer, comme Ridiculum Vitae ou les Soliloques du Pauvre. Et celui de les proposer à des artistes risque-tout, pour les incarner. Rendre possible l’impossible, ça doit avoir un sens caché. Quoiqu’il-en-soit, le pari est gagné, Jehan-Rictus revit sur les planches, et ce texte plus que centenaire s’avère être d’une brûlante actualité.
 Sébastien Debard
Né en 1867, mort à soixante-six ans, Gabriel Randon dit Jehan-Rictus -anagramme très approximatif de Jésus Christ- est un poète singulier. Sa langue est celle du peuple, celle d’un clochard qui s’exprime en vers aléatoires, une poésie de la rue âpre et exaltée, chaotique. Livré à lui-même très jeune, il a quitté l’école dès quatorze ans, fréquente les artistes et les milieux anarchistes. Après une vie de galérien auprès des “sans-logis” il trouvera enfin la célébrité, en 1895 au cabaret Quat’z’arts de Montmartre, avec ses furieuses poésies clochardesques.
“C’ qui va s’en évader des larmes !
C’ qui va en couler d’ la piquié !
Plaind’ les Pauvr’s c’est comm’ vendr’ ses charmes
C’est un vrai commerce, un méquier !
Ah ! c’est qu’on est pas muff en France,
On n’ s’occupe que des malheureux ;
Et dzimm et boum ! la Bienfaisance
Bat l’ tambour su’ les Ventres creux !”
Une nuit de beuverie il rencontre le Christ revenu chez les pauvres, il n’a pas bonne mine et parait au plus bas. Il l’apostrophe, lui demande quelques explications, trouve qu’il y a quelques défauts dans ce monde sauvage, mais le prend en pitié, gagné par la compassion. Au matin il réalise qu’il a interpellé sa propre image reflétée dans une devanture de magasin.
“C’est-y que quand le ventre est vide
On n’ peut rien autr’ que s’ résigner,
Comm’ le bétail au front stupide
Qui sent d’avanc’ qu’y s’ra saigné ?
Comment qu’ ça s’ fait qu’ la viande est lâche
Et qu’on n’ tent’rait pas un coup d’ chien
Et qu’ moins on peut… moins qu’on s’ maintient,
Pus on s’ cramponne et pus qu’on tâche ?”
Avec Michel Bruzat         
On rit, certes, le texte est drôle, mais surtout pathétique, passionné. Rictus est exalté et désespéré. Il porte la parole du peuple de la rue qui n’en a plus. Au fond, la seule différence entre ce siècle et celui de Gabriel Randon, c’est que les pauvres sont beaucoup plus nombreux, les soupes populaires manquent de bras. Pierre-Yves Le Louarn est un clochard magnifique, Sébastien Debard le transcende à l’accordéon.
Comme au temps héroïques de Dario Fo ou du Groupe Octobre avec Jacques Prévert, c’est un spectacle à porter partout, jusqu’aux aux Restos du Cœur et chez les compagnons d’Emmaüs.
A voir absolument à Avignon Off 2019.
Jean Barak
Costumes Dolores Bruzat et lumière de Franck Roncière.

 

Michel Bruzat à France bleu Vaucluse avec Michel Flandrin

https://www.francebleu.fr/emissions/l-ete-des-festivals/vaucluse/l-ete-des-festivals-7?xtmc=michel+bruzat Nouvelle zone de texte >>

ET AUSSI

dans une mise en scène de Michel Bruzat 

CRITIQUES AVIGNON

 

LA PROVENCE 
DIMANCHE 07/07/2019 à 09H22 - Mis à jour à 09H25
| CRITIQUES AVIGNON OFF
Comme disait mon père… (magnifique)
Par Alain Pécoult

 

 
Un enfant, garçon? fille ? Se remémore son enfance. D’abord il y a le père, pétri de certitudes, qui ne s’exprime que par sentences, par aphorismes, truismes parfois, avant de finir vaincu après avoir tout dit. Et puis il y a la mère, qui aime en silence, qui nourrit, qui sert, et qui s’use. Enfin il y a l’enfant, qui entend, qui voit, qui sait, qui s’épouvante et qui…
Un tel pitch ne pourrait que faire fuir le spectateur, mais...
C’est qu’il ne dit rien du texte de Jean Lambert-Wild, de sa poésie. Une poésie du quotidien qui naît de l’arrangement des mots entre eux, de leur résonance, de leur musique. Une poésie impressionniste, qui juxtapose et oppose les mots, les phrases comme autant de touches de couleur.
C’est qu’il ne dit rien non plus de la comédienne, Natalie Royer, de sa performance, de son émotion, contenue et toujours à fleur de peau, de sa voix grave et claire à la fois, de sa quasi androgynie, de son infinie humanité.
C’est qu’il ne dit rien enfin de la mise en scène de Michel Bruzat, sobre et abrupte, sans maniérisme.
Voilà pourquoi il faut voir cette courte pièce si vous avez du cœur !
Avignon-Reine Blanche, à 13 h du 6 au 26 sauf les 12 et 19, 16 rue de la Grande-Fusterie, 22€ - 15€ - 10€, 04 90 85 38 17 ou 06 38 15 78 16, www.reineblanche.com

 

ENVRAK

jEAN BARAK

 

Comme disait mon père, ma mère ne disait rien
07/07/19 par Jean Barak  |  publié dans : A la une, Festival, Scènes, Théatre | Tags : Avignon-Reine Blanche, Festival d'Avignon 2019, Jean Lambert-wild, Michel Bruzat, Nathalie Royer 
Jean Lambert-Wild au théâtre Avignon La Reine Blanche, mis en scène de Michel Bruzat, avec Natalie Royer, du 6 au 26 juillet à 13h
Natalie Royer Son père disait…
“Comme disait mon père… Le théâtre est une vieille femme frigide dont on espère qu’un jour elle pourra jouir… Comme disait mon père… Les légendes les plus monstrueuses font les vérités les plus supportables… comme disait mon père… Mourir ne peut se vivre…”
Ce père paraissait contenir -et proférer- toute la “sagesse” du roi Salomon, il collectionnait des proverbes sur toutes choses et pour toutes les situations. La litanie de ses apophtègmes et aphorismes était la prison, le carcan du jeune Jean Lambert-wild. Son récit est un monologue obsessionnel, une sorte de jaculation irrépressible où les mots se bousculent et se télescopent comme autant de javelots jetés en tous sens. Plutôt qu’une thérapie, un cri.
Sa mère ne disait rien
C’est la deuxième partie de ce diptyque, les pensées de l’enfant qui savait. “Ma mère vivait dans une cuisine. Je le savais!
C’était le centre du monde. Un monde de mères enfermées dans des cuisines. Je le savais!
Elle avait peur.  Je le savais!”

Natalie Royer 
Ce texte est impossible à porter à la scène, c’est sans doute pour cela que Michel Bruzat s’est attelé à cette gageure, labourant toujours le même sillon: celui d’une culture qui éveille, révolte, nourrit l’âme et l’esprit. Il a choisi la comédienne Natalie Royer, (metteuse en scène -d’un Feydau à Avignon) pour l’incarner. 

La mise en scène a la délicatesse de se faire oublier, tant chaque millimètre en est pesé et mesuré, libérant tout l’espace pour le texte et la comédienne particulièrement habitée, comme par un dibbouk. Elle vous emporte dans son débit haletant, elle est ce jeune garçon impuissant, entre un père qui dit tout, qui a tout dit, et une mère soumise et terne, “honnête et craintive” , “labourant” devant elle ses pensées mélancoliques. Un électrochoc.
Du grand art.  Natalie Royer 
Photographies et commentaires Jean Barak

 

https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/mot-a-mot/%f0%9f%8e%ad-natalie-royer-seule-en-scene-au-dejeuner-pour-comme-disait-mon-pere-et-feydeau-en-bandouliere-au-gouter-ding-dong

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