"Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion.

Les gens doivent apprendre à haïr, et s'ils peuvent apprendre à se haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer.

De l'expérience d'un extraordinaire désastre humain, doit naître une société dont l'humanité tout entière sera fière."

                                                                             Nelson Mandela

 

Un signe de "tendresse"  ..... Michel Bruzat

Du mardi 5 au jeudi 7 juin à 20h

GROS CALIN - Romain Gary (Emile Ajar) 

Avec Eric Fabre 
Mise en scène et scénographie : Michel Bruzat - Lumières : Franck Roncière 

 

Gros-Câlin c’est Emile Ajar. C’est-à-dire que non. En fait Ajar, c’est Romain Gary et donc, oui, c’est bien lui Gary, le Gros-Câlin d’Emile Ajar, quoi. Parce que Gros-Câlin c’est un python qui est tout seul dans le Grand Paris avec monsieur Cousin. Voilà. Non. La vérité c’est que c’est monsieur Cousin qui est tout seul dans le Grand Paris et qui a ramené d’Afrique Gros-Câlin.
Il est en mal d’amour, Cousin, en mal des autres, Cousin, et surtout de Mademoiselle Dreyfus mais pas que. Alors il se noue, Cousin, il glisse se cacher sous le lit. Les mots aussi glissent se cacher sous le sens, sous le double, le quiproquo, l’à côté, le pseudo. Derrière les enjambements, les mues, le scabreux utile brosse en dérision un piquant tableau de nous-mêmes (savons-nous bien qui nous sommes vraiment ?) et du petit monde qui nous entoure.
Et le sourire du lecteur finit tendrement par manger des souris.
                                                                                                              Eric Fabre 

 

J’ai toujours lu « Gary » et son « infirmité d’être un homme »
« Je suis contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. 
Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. 

La démocratie, c’est le droit de recracher. 

La vérité ? Quelle vérité. La vérité est peut-être que je n’existe pas, ce qui existe, ce qui commencera à exister peut-être un jour, si j’ai beaucoup de chance, ce sont nos liens, quelques romans, une œuvre, si j’ose employer ce mot. Tout le reste, c’est de la littérature. 
« Saisir » saisir le monde saisir mes personnages, saisir le lecteur et l’entraîner avec moi, faire vivre fortement. Et défendre ce qui me semble sacré dans la vie et dans l’homme. »

« Vieillir ? Catastrophe. Mais ça ne m’arrivera pas. Jamais. J’imagine que ce doit être une chose atroce, mais comme moi, je suis incapable de vieillir, j’ai fait un pacte avec ce monsieur là-haut, vous connaissez. J’ai fait un pacte avec lui aux termes duquel je ne vieillirai jamais. »                                                              R.Gary

« Son rêve…. Est-ce en rêve qu’il voit cela ?  Ou bien est-ce que notre Vie n’est rien ? N’est-elle qu’un rêve, une plaisanterie que le ciel fait à la terre ? »
Pouchkine 
Le Cavalier de bronze

Ce qui affleure dans ces lignes, c’est un désespoir lumineux, presque joyeux, un langage impertinent, farfelu jusqu’à la poésie. 
Il se moque toujours de lui-même, ce qui est la définition même de l’humour !
« Mais voyons quand je dis « je », c’est de vous que je parle »

J.E, c’est l’Homme. 
Si un homme aime vraiment les arbres, si un homme aime vraiment la mer ou si un homme aime vraiment quoi que ce soit, il est sauvé. 
J’ai ri, mes yeux se sont mouillés. 
J’aime ce clown lyrique, marginal définitif, rebelle inapaisé, utopiste anarchiste. 

« Cousin, demanda le chef de bureau, pourquoi avez-vous adopté un python et pas une bête plus attachante ? 
Les pythons sont très attachants. Ils sont liants par nature. Ils s’enroulent »

Alors je vais essayer d’aider Eric à dire ce que nous pouvons nous dire grâce à ce texte à travers lui, et que sans lui nous ne pourrions pas dire. 
« C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire » N. Sarraute
« Manque» est le premier mot qui vient à l’esprit.               M.B.

 

 

Bien sûr ça n’est pas droit. 
Ca tourne, ça vire. Et alors ? C’est la vie qui est comme ça.
Si l’on veut en parler sérieusement, eh bien il faut faire avec. 
Allez, un petit effort. Suivez, mettez l’oreille dessus.

Alors, ce texte retors, désopilant, tragique, vous prendra par la main et vous emmènera sur les chemins si tortueux, de l’amour, vers la beauté du désir pur, plus pur encore et réel que l’objet même du désir.

 Il vous dira, avec un sourire émouvant, comme le drame de la solitude se noue et dénoue dans la quête d’un être aimé et qui vous aime, ce diamant caché dans la multitude des cailloux du chemin. 
Ce diamant tellement brillant, éblouissant, peut être, n’y-a-t-il en lui que la lumière consolante du mirage ? Ou non ?

Gary-Ajar déploie ici, derrière le masque, un texte profond, superbe d’humanité, de tolérance, un appel déchirant à se comprendre et à s’aimer. Un désespoir étincelant ? Le miroir, sûrement, de nos complexités. Un fou rire d’orgueil monstrueux ? 

Certainement le rappel rigoureux, mais affectueusement formulé, que la modestie, parfois douloureuse, de notre condition appelle au secours l’infinie capacité de l’imagination. 

Lorsque Montaigne chevauche Rossinante en assénant quelques truculentes assertions rabelaisiennes, il devient alors possible que les moulins à vent se donnent la main et fassent la bise à Sancho.

                                                                                                                                     E.F.

Du jeudi 14 au samedi 16 juin - 20h

PAR NOS GRACES 

Production la Corde Verte. 

 

 

Un projet de et avec Marie Jarnoux, Léa Miguel et

Pélagie Papillon, avec le regard de Yann Karaquillo

 

« Un lieu, une époque, un pays, quelque part dans la machine infernale de la civilisation. Puisque la sensibilité de chacun est une réalité en soi nous vous raconterons l’histoire de trois femmes emprisonnées, Irène, Emma et Lucia. Elles ne se connaissent pas. Proximité imposée, elles s’attachent et se détachent du passé comme du futur dans l’endroit où le temps s’arrête, s’étire et se disperse dans les méandres de la privation.

C’est par des actes d’amour allant d’un mot à un geste simple, aux regards portés sur l’autre que ces trois femmes assurent leur survie. Encerclées par ce qu’il y a derrière les murs, la rumeur de la peur va fendre le béton armé, laissant place à la vie, à la mort, à l’amour. »

mardi 19 au samedi 23 juin à 20h

MARIE OCTOBRE CHANTE BARBARA 

Piano : Benoit Ribière / Accordéon : Jean-Michel Delpech
Mise en espace : Jean-Pierre Descheix

Ma première rencontre musicale avec Barbara remonte à mon adolescence... 
Cette femme indépendante, libre, fantasque, belle dans sa singularité, impatiente, exigeante, voire intransigeante... 
De Mogador au théâtre du Châtelet, j’ai assisté, durant des années,  aux concerts, que dis-je, aux cérémonies –concerts mystiques de Barbara.  Un lien secret entre elle et son public, une véritable histoire d’amour jamais démentie... 
De ce répertoire étonnant, fascinant, de cette écriture légère et si grave, si semblable à son chemin de vie, j’ai voulu vous offrir des chansons méconnues mais qui gagnent à atteindre la postérité... 


Merci, Madame, pour vos élans, vos colères,  votre talent et votre générosité ....                                                                   Marie Octobre 

INFORMATIONS PRATIQUES

Partenaires